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Dans les années 1880, la France compte sur son territoire un million d’étrangers dont la moitié sont des Belges. Ces derniers représenteront le contingent le plus important d’immigrés dans l’Hexagone jusqu’au début du XXe siècle. La majorité d’entre eux sont des travailleurs agricoles ou des ouvriers.

A une époque où la protection sociale est encore embryonnaire, les Belges immigrés en région parisienne, coupés de leurs racines familiales, se trouvent très démunis dès que la maladie, un accident, le chômage ou la vieillesse les prive de leur gagne-pain.

Soucieux de venir en aide à ces compatriotes, des mécènes belges résidant à Paris créent une société de secours mutuel dont les statuts paraissent au Journal Officiel du 8 juin 1888. Des membres de la famille royale et du gouvernement belges apportent leur contribution à l’Union Belge à laquelle le roi Léopold II décerne en 1891 le titre de Société Royale.

Au départ, trois services sont créés: un service médical et pharmaceutique, qui assure la gratuité des soins et des médicaments, un service de bienfaisance et un service de demandes et offres d’emplois.

L’édification de la maison

L’accès aux hospices et hôpitaux de l’Assistance Publique étant à l’époque réservé aux patients de nationalité française, les Belges âgés ou handicapés ne peuvent être accueillis que dans des hospices privés.

Dans un premier temps, l’Union Belge règle la pension d’une cinquantaine d’entre eux, avant de décider, grâce aux dons d’un mécène, Ferdinand Bischoffsheim, de construire un hospice pour les accueillir.

Un parc boisé de 6.611 m2, situé 49, rue de Colombes à Courbevoie, est acheté en 1909. Le bâtiment est achevé deux ans plus tard et il accueille ses premiers pensionnaires en janvier 1912.

Le Conseil d’Administration envisage de confier la gestion de la Maison à des religieuses, ainsi que cela se pratiquait à l’époque, mais la récente loi de 1901 sur les congrégations religieuses incite l’archevêque à repousser cette requête.

Une dame de la Croix-Rouge, Amélie Bernard, est alors engagée comme économe-directrice, assistée de deux infirmières, d’une lingère et d’une cuisinière.

Conformément aux usages de ce début de siècle, les résidents sont soumis à une stricte discipline. Seuls les couples mariés disposent d’une chambre particulière. Les autres pensionnaires sont hébergés dans des salles, une pour les femmes, une pour les hommes. Un seul sexe par étage, un seul sexe par réfectoire.

Le règlement fixe l’heure du lever et celle du coucher. Les pensionnaires peuvent recevoir des visiteurs au parloir le dimanche, de 14 à 17h. Ils sont autorisés à sortir deux fois par semaine, de 13h à 17h, le mardi et le jeudi pour les hommes; le lundi et le vendredi pour les femmes.

La Guerre de 1914-1918 et ses suites

Pendant toute la durée du conflit, une partie du bâtiment est mise à la disposition de l’Armée française. Elle y installe un hôpital qui accueillera jusqu’à 110 militaires en convalescence.

Après l’évacuation de l’armée, en mai 1919, il ne reste sur place que la trentaine de pensionnaires demeurés à l’Union Belge pendant la guerre. Beaucoup d’entre eux sont insolvables et, malgré une nouvelle aide de mécènes et du gouvernement belge, la rentabilité de l’établissement est gravement compromise. C’est alors que le Conseil d’Administration décide d’admettre des pensionnaires français au prix de 5 fr par jour pour un lit en dortoir et de 7,50 fr pour une chambre particulière.

A la même époque, la directrice, Amélie Bernard, et ses collaboratrices révèlent qu’elles appartiennent à la congrégation de Saint-Joseph de Chambéry. Elles obtiennent l’aménagement d’une chapelle, inaugurée en 1924.

Les deux dortoirs avaient à l’origine une hauteur de plafond de 5,5 m. Pour pouvoir accueillir de nouveaux pensionnaires, des dalles sont disposées à mi-hauteur, ce qui crée deux niveaux supplémentaires, tandis que des chambrettes sont créées.

Au cours de la guerre de 1939-1945, l’Union Belge réussit, avec le concours de la Mairie de Courbevoie, à assurer à ses pensionnaires un approvisionnement suffisant. Mais en septembre 1943, la Maison est endommagée par un bombardement dans lequel une religieuse, Soeur Eugénie, trouve la mort.

De la maison de retraite à l’EHPAD

L’après-guerre est marqué par de nouvelles évolutions. Avec l’amélioration générale du niveau de vie, les pensionnaires sont devenus plus exigeants. Les chambrettes trop exigües sont jumelées à la fin des années 1960.

En 1960, les religieuses de Saint-Joseph de Chambéry annoncent qu’atteintes par la crise des vocations, elles ne sont plus en mesure d’apporter leur collaboration. La congrégation espagnole «Amor de Dios» reprend le flambeau et animera la Maison pendant les quarante années qui suivent, avec dévouement et dynamisme.

Au fil des ans, un salon de coiffure est aménagé, une salle de gymnastique et une salle de kinésithérapie sont installées, une psychomotricienne est engagée. On est très loin désormais de l’hospice des premières années.

Cependant, atteintes elles aussi par la limite d’âge, les soeur de l’Amor de Dios partent à leur tour fin 2001. Il faut embaucher pour les remplacer du personnel civil, d’autant plus nombreux qu’à la différence des religieuses, il est soumis à la règle des 35 heures.

Parallèlement, la règlementation évolue. Il faut engager d’importants travaux de sécurité pour s’y conformer. L’obligation de médicaliser toute maison hébergeant des personnes âgées dépendantes impose, elle aussi, des investissements très lourds. L’Union Belge est incapable d’y faire face seule.

Elle s’allie dès lors avec un partenaire privé à but lucratif, Mapad Santé, au sein d’un Groupement de Coopération Sociale ou Médico-Sociale. Le GCSMS L’Union Belge, composé de la Mutuelle, propriétaire des lieux et de tout ce qui est nécessaire à l’exploitation de l’établissement, et de Mapad Santé, responsable de la gestion et de la médicalisation de la Maison, naît le 1er janvier 2008.

Au sein du Groupement, la Mutuelle, dont les résidents sont membres de droit, reste responsable de leur qualité de vie et apporte dans la limite de ses moyens les aides sociales qui apparaissent indispensables.

Courant 2009, des travaux sont entrepris pour ériger une nouvelle aile qui, s’ajoutant à de nouveaux aménagements des bâtiments existants, met la Maison aux normes d’Etablissement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD).

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